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« Planter un arbre c'est planter un espoir »

 

Après avoir dépassé le marché bigaré de Punata, une petite ville située au Sud de Cochabamba, nous empruntons une route biscornue qui nous conduit à l'extrémité de la ville, en bordure des champs secs creuvés de toutes parts. Guido Rodriguez nous accueille les deux bras ouverts et le visage fendu d'un sourire généreux dans un bâtiment de fortune. Poutres et parpaings jonchant le sol, herbes envahissantes et façades à nue témoignent du travail qu'il reste à accomplir.

Depuis un an, Guido se démène pour développer un projet de reforestation de la vallée avec l'aide d'une jeune française, Stéphanie Rhinn. De l'union de leur amour pour la nature naquit CIAPU, la Communauté Internationale d'Aide aux Peuples Unis. Revalorisation de l'environnement par la plantation d'espèces natives, sensibilisation de la population à la pollution et au gaspillage, amélioration des conditions de vie des citadins comme des ruraux, cette communauté ambitieuse porte en son sein le germe de nombreux espoirs. Comme nous l'explique Juan Telsulka, médecin interne de l'hôpital de Punata, « il n'y a jamais eu autant d'enfants asthmatiques car l'air est de plus en plus sec à cause du manque de végétation. » Guido précise que l'érosion des sols, liée à l'asséchement de l'air, peut provoquer l'obstruction des voies pulmonaires, « Ici, on respire tous de la terre ! » Cette atmosphère a donc des conséquences néfastes sur la santé des autochtones, « peut-être même plus que si nous fumions ! », déplore Guido. Mais l'aridité croissante de cette partie de l'immense vallée Alto est également un sérieux coup porté à la biodiversité. Abondantes quelques années auparavant, de nombreuses espèces se font rares et les membres de CIAPU craignent « qu'elles disparaissent complètement. » Stéphanie rappelle les impacts de la désertification sur la population, « C'est un manque à gagner conséquent car avec certaines plantes on peut fabriquer des toits solides », avec d'autres, « extraire et vendre leurs huiles essentielles », sans même parler des arbres fruitiers. Les petits commerçants confirment la gravité des problèmes environnementaux, « Tout a changé, avant, l'eau dévalait par ici pour rejoindre la rivière ! » La rivière qui n'est plus qu'un canal asséché où seuls les sacs en plastique rivalisent avec la terre calcinée. Une terre qui regorgeait d'eau quelques années auparavant, selon le dirigeant de la communauté agraire locale. « Quand j'étais petit, on creusait le sol à la main et on trouvait de l'eau à cinq mètres. Maintenant il n'y a plus rien. Il n'y a plus d'eau nul part. » Pourtant, cette homme ne fait pas le lien entre l'asséchement de l'environnement et le manque de végétation. Guido explique : « Lorsque les plantent transpirent, leur humidité s'élève dans l'atmosphère. C'est ainsi que l'on espère créer un microclimat favorable aux Hommes et à la nature. »

La difficulté principale de CIAPU est le manque d'argent investi dans le projet. « C'est très difficile d'obtenir des fonds gouvernementaux en Bolivie », regrette Marlène, la trèsorière de la communauté. « C'est pour ça que nous ne pouvons rien faire sans l'investissement de volontaires », enchérie Stéphanie. Ces derniers payerons 100 $ pour une semaine passée à Punata, plus 5 $ quotidiens, prix de leur hébergement et des frais de bouche. Durant ce laps de temps, ils devront « ramasser les graines à même les arbres, car les semances coûtent trop chères », puis les planter sous serre, les protéger des prédateurs et enfin les transplanter dans la zone de reforestation en espérant que les arbustes prennent.

Peu importe le travail à accomplir, l'équipe franco-bolivienne n'est pas prête de baisser les bras car« Plantar un arbol es plantar una esperanza !»,« Planter un arbre, c'est planter un espoir ! »